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Régis Maréchaux, 1er vainqueur du Grand Prix

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Interview de Régis Maréchaux

Anse-Bertrand, il est 18 h 30, ce mercredi 21 mai, un texto m'est adressé : Régis Maréchaux, cycliste de talent, me signale qu'il est chez lui. Nous avons rendez-vous. Dix minutes plus tard, je suis devant son portail à Saint-Jacques. Les portes s'ouvrent, le chien est rappelé à l'ordre.

Photo de Daniel Éraville : Régis Maréchaux au musée Edgard Clerc Photo de Daniel Éraville : Régis Maréchaux au musée Edgard Clerc

Mme Maréchaux s'occupe de son petit garçon, le deuxième qui est âgé de neuf mois. Enzo sera sûrement un futur champion, ainsi que son grand frère, Lorenzo. Régis et moi, nous nous asseyons autour de la table et, bien évidemment, la conversation est centrée sur le vélo. Je veux avoir ses impressions sur l'évolution du cyclisme en Guadeloupe et revenir sur sa belle victoire de 2003 au Grand prix du Conseil général qui a changé sa vie. L'homme est tranquille et calme, c'est sa nature. J'écoute avec attention, ses témoignages.

Ses mésaventures
Régis Maréchaux et Philippe Palmiste, également coureur cycliste bien connu, ont connu des bons et des mauvais moments ensemble. Mr. Pouey qui, à l'époque, était Président de France Télécom les avait pris en charge tous les deux afin qu'ils puissent, dans l'Hexagone, avoir de l'expérience et évoluer dans leur discipline, le vélo. Les choses ne se sont pas passées comme convenu. L'adaptation ne s'est pas faite réellement. Ils retournent au pays en 2002 et sont embauchés à France Télécom, comme c'était prévu, promesse tenue. Après une année d'activité professionnelle et sportive, l'entreprise connaît des difficultés budgétaires, Régis et Philippe sont remerciés.

Un mal pour un bien
C'est alors que Régis se dit que c'est peut-être un mal pour un bien. Il se motive et pratique le vélo à plein temps. Nous sommes en 2003, Régis a tout ou presque tout gagné, cette année-là. Il gagne dix-huit courses, devient champion des DOM, remporte le Grand prix du Conseil général. Le Tour cycliste de la Martinique lui échappe de peu : il se classe tout de même deuxième après Arcade, mais dans quelle condition... Le quotidien France-Antilles le déclare « meilleur sportif de l'année » !

Le Grand prix du Conseil Général a changé sa vie
Le coureur qui remporte ce grand prix devrait être affecté au sein de la collectivité. C'est la proposition, un merveilleux prix du Conseil général. Toujours en 2003, Régis me dit que, ce jour-là, sincèrement il ne prend pas le départ pour cette proposition alléchante. Son but c'est de remporter cette compétition avec sa motivation en donnant le meilleur de lui-même.
« L'UV Nord avait, en son sein, des coureurs comme les frères Luce, Christian et Jean-Claude, Philippe Palmiste, Bernard Gène. Les gars marchaient fort, une génération de coureurs qui mouillait vraiment son maillot et qui était bien encadrée par le coach, Jean-Pierre Matou », me dit-il.
Il y a le prologue comme toujours. Le lendemain, à l'issue de la première étape, Régis enfile le maillot de leader du Conseil du général, au Gosier. C'est le doublé ansois : Jean-Claude Luce remporte l'étape et Régis se classe deuxième. Ce maillot jaune, Régis Maréchaux le garde jusqu'à Basse-Terre, terme de l'épreuve. C'est la première édition du Grand prix du Conseil général, édition 2003.

 La suite après sa victoire

" Comme prévu, M. Dominique Théophile, président de la commission des sports est venu vers moi et m'a assuré que le Conseil général de la Guadeloupe mettra tout en oeuvre pour m'aider à avoir ma place dans la collectivité. J'ai continué à faire du vélo normalement et surtout je suis resté concentré. Le Tour cycliste de la Martinique a franchement tout déclenché. Ma deuxième place au général a activé les choses. A ma descente d'avion, nombreux étaient les supporters présents pour m'accueillir, Dominique Théophile était parmi eux."

Par la suite, j'ai été convoqué à plusieurs rendez-vous afin de mettre en place mon affectation. J'avais bien "marché" aussi au Tour cycliste de la Guadeloupe cette année-là (6e au classement général final) », me raconte-t-il.
Régis peut considérer que 2003 fut son année ! Aujourd'hui, il est au service culturel du Musée Edgard Clerc du Moule. « Il était prévu de créer un Musée du Sport, j'ai fait des formations pour y accéder. Ce projet est, actuellement, en stand-by, peut-être se concrétisera-t-il un jour. Comme tout le monde le sait, la Guadeloupe est une terre de champion et j'ai découvert des choses que je ne savais pas. L'espoir fait vivre, il faudrait que les Guadeloupéens s'approprient leur patrimoine et aient un lieu où des documents et photos seront à leur disposition», poursuit-il.

Retour sur le Grand Prix du Conseil général de 2011
De retour à l'UVN, Régis Maréchaux enfile, de nouveau, le maillot de leader du Conseil général, après avoir remporté en solitaire la première étape à Morne-à-l'Eau. Il devance Martial Gène de l'Excelsior. Ce fameux maillot que Régis affectionne particulièrement est resté sur ses épaules, pendant deux jours. Malheureusement, Freddy Vargas du VCG se l'approprie et le conserve jusqu'à Saint-François, terme de l'édition 2011.

La fin de sa carrière cycliste de haut niveau
Après une très belle saison 2011, avec notamment le titre de Champion de Guadeloupe Senior sur route pour la deuxième fois, il estime qu'il a déjà bien donné. Alors, il décide de prendre du recul et de faire autre chose. Il se reconvertit en manager de L'UVN, en compagnie de Philippe Palmiste. Nous sommes en 2012. « Je me suis rendu compte que c'est une affaire très difficile et prenante. La responsabilité est grande, c'est un gros poids sur les épaules. Nous n'étions pas préparés, alors nous avons déposé les armes », me déclare-t-il.
Cependant, Régis sait qu'il reviendra au vélo. Il attend une bonne année et les sensations sont, à nouveau, présentes. « La famille Maréchaux est une grande famille de cyclistes », comme aime à le dire Régis. Le sang a parlé alors il enfourche son vélo et recommence les entraînements. Les grandes courses comme le Tour cycliste international de la Guadeloupe ne l'intéressent pas. Il prend du plaisir à l'UFOLEP et au VTT. Ce week-end encore, Régis devient le champion de VTT à Capesterre-Belle-Eau. « On se crée aussi des ennemis aussi dans le sport. Par exemple, à l'UFOLEP, ils m'ont fait perdre une course : le Grand prix des Ciments Antillais. Je sais que c'était volontaire. Ce n'est pas grave ! Ils estiment que mon niveau est supérieur à celui des autres coureurs, que ma place n'est pas là, vu mon âge. Mais, je remplis les conditions pour y être, alors ils sont obligés de m'accepter », me confie-t-il.

Ses opinions sur les coureurs « extérieurs »
Un temps d'hésitation... « Je n'ai pas vraiment envie de donner mon avis sur ces valeureux coureurs. Pour ma part, je m'entraîne souvent, c'est très rare de rencontrer nos jeunes coureurs sur les routes... Cela veut tout dire. Et pourtant, au départ d'une course, il y a une centaine de cyclistes alignés pour y participer. Oui, ils sont à vélo, mais ils ne cherchent pas la performance. La génération d'aujourd'hui n'arrive pas à se sacrifier pour gagner des courses, c'est un sport qui demande beaucoup. Je pense qu'ils devraient prendre exemple sur Boris Carène, il se fait mal à l'entraînement pour arriver à être d'un bon niveau. Mon père me disait : « le vélo ne te tuera pas, alors entraîne-toi ! », me déclare-t-il.
Régis continue en me narrant qu'il a participé à la Kermesse de Petit-Canal, le mois dernier, avec une grande déception. Il faisait partie d'une belle échappée d'une vingtaine de coureurs, mais seulement quatre éléments faisaient le travail. C'était décevant ! « Les coureurs qui se sacrifient pour ce sport ont des résultats. Johann Ruffine a remporté le Grand prix des Arbitres, le dimanche 18 mai au Moule ; il était en compagnie de Louis Téplier, Martial Gène et Adrien Alidor. Ils ont animé une très longue échappée de plus de 180kms alors qu'ils sont revenus à la compétition après deux ans d'absence, pour certains ! C'est le sérieux, l'entraînement, la motivation qui payent", conclue-t-il.

Régis Maréchaux est un coureur exemplaire, champion de toutes catégories confondues, c'est à souligner.

Quant à moi, votre serviteur, j'ai pris un immense plaisir à l'écouter.

Lu 1197 fois Dernière modification le dimanche, 15 juin 2014 09:39

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1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire Casimir 14.Jui.2014 Casimir

    J'aime et apprécie beaucoup ce coureur, c'est un bel exemple pour la Guadeloupe car il est simple, généreux et sait se surpasser... Bravo, du courage pour la suite...

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